Ancêtres & Mort, Chamanisme

Paroles d’abeilles

Selon une tradition, apparemment européenne, lorsqu’un apiculteur meurt, les premières à devoir être mises au courant sont ses abeilles. Un membre de la famille vient alors murmurer la nouvelle à la ruche et la recouvrir d’un tissu noir. Si on oublie, les abeilles s’en iront, peut-être rejoindre leur gardien de l’Autre Côté ? Dans une variante, les membres de la famille enterre un vêtement du défunt sous la ruche afin de ne pas perdre les abeilles.

Just the same as a month before,–
The house and the trees,
The barn’s brown gable, the vine by the door,–
Nothing changed but the hives of bees.

Before them, under the garden wall,
Forward and back,
Went drearily singing the chore-girl small,
Draping each hive with a shred of black.

Trembling, I listened: the summer sun
Had the chill of snow;
For I knew she was telling the bees of one
Gone on the journey we all must go!

Then I said to myself, « My Mary weeps
For the dead to-day:
Haply her blind old grandsire sleeps
The fret and the pain of his age away. »

But her dog whined low; on the doorway sill,
With his cane to his chin,
The old man sat; and the chore-girl still
Sung to the bees stealing out and in.

And the song she was singing ever since
In my ear sounds on:–
« Stay at home, pretty bees, fly not hence!
Mistress Mary is dead and gone! »

extrait de TELLING THE BEES de John Greenleaf Whittier

illus18

Traduction :

Tout comme le mois d’avant
La maison et les arbres,
Le pignon brun de la grange, la vigne sur la porte,
Rien n’est changé que les ruches des abeilles.

A leurs pieds, le long du mur du jardin qui les protège,
La fillette de la ferme va et vient ; triste,
Elle chante et habille chaque ruche d’un lambeau noir

J’écoute en tremblant… Le soleil d’été
Me fait froid comme de la neige,
Car je comprends qu’elle parle aux abeilles
D’une âme partie pour le voyage que nous ferons tous.

Et je pense : « Aujourd’hui ma petite Marie pleure
Sur un mort : sans doute,
C’est l’aveugle, son grand-père, qui oublie les souffrances
De la vieillesse dans le dernier sommeil. »

Mais son chien gémit d’une voix sourde…
Au seuil de la porte, le menton posé sur sa canne,
Le vieil homme est assis… Et la fillette continue de chanter
Aux abeilles qui entrent et sortent de la ruche.

Et la chanson qu’elle dit résonnera
À jamais dans mes oreilles :
« Restez chez vous, chères abeilles, ne volez pas au dehors !
Notre maîtresse Marie est morte, elle est partie loin de nous ! »

L’abeille, de sa danse et de son chant, voyage entre les mondes, ramenant des messages et portant les âmes défuntes. C’est une alliée de choix pour tout travail oraculaire et chamanique.

bee

Illustrations, auteurs inconnus
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